Selon Antoine Flamarion, président de Tikehau Capital, spécialiste du crédit : "Des sociétés de gestion commencent en France à se substituer aux banques et à prêter quasiment "en direct" à des entreprises (corporate) confrontées à l'assèchement du crédit bancaire. Les banques ne prêtent plus, il va bien falloir trouver des prêteurs ailleurs" précisant que Tikehau a ainsi financé une entreprise de cliniques privées, Vitalia, appartenant au fonds de Private Equity americain Blackstone.
Selon Mathieu Chabran, responsable des investissements chez Tikehau IM : "Ce genre d'opération très médiatisée auprès d'un large public et réalisée par des signatures de renom comme EDF ou Crédit Foncier a beaucoup de vertus pour ce type de produit peu connu des particuliers". Pour ce professionnel, ces émissions vont se développer. La désintermédiation répond à une évolution structurelle du marché tant du point de vue réglementaire, avec les nouvelles règles prudentielles Bâle III, que du coût du financement pour les banques. Il expose aussi que "Lorsque le coût du "finding" est de 200 point de base (pb), les banques ne peuvent prêter à 50 pb. Donc la transformation ne fonctionne plus. Les entreprises doivent faire évoluer leurs moyens de financement car cela ne peut plus seulement reposer sur les banques". Pour ces dernières, cela permet de diversifier les sources d'argent frais. Cette première émission de Crédit Foncier aux particuliers devrait être suivie par d'autres dans les prochains mois. La banque compte lever en moyenne 1 milliard d'euros par an d'ici à 2016 par ce biais.
"La collecte a porté sur l'ensemble de la gamme de fonds proposés, qu'il s'agisse de fonds ouverts et fermés, ou de véhicules de co-investissement ou des mandats. Avec près de 70 millions d'euros, le fonds phare Tikehau Crédit Plus qui suit une stratégie obligataire majoritairement haut rendement, a triplé ses encours. Le fonds TK Rendement 2016, fonds à échéance lancé le 7 décembre dernier qui à collecté en moins de deux mois près de 8 millions d'euros. Ce fonds possédant un objectif de rendement indicatif de 7% annuels affiche d'ores et déjà une performance à fin janvier 2012 de 3,03%".
"L'investisseur en dette Tikehau intervient ainsi sur ce créneau via un FCT (fonds commun de titrisation) de 100 millions crée il y a un an et investi à ce jour à 40 %". Antoine Flamarion, fondateur de Tikehau Capital explique que : "Le couple rendement/risque de ce marché nous semble très favorable, la dette beneficiant d'un rang senior par rapport aux obligations".
"Tikehau IM clôture le 31 décembre 2011 avec plus de 700 millions d'euros d'actifs sous gestion. Sur le segment de ses fonds ouverts et mandats de gestion dédiés, Tikehau IM a plus que doublé ses actifs sous gestion en 2011, en collectant plus de 150 millions. Sur le segment des fonds fermés et dédiés (FCT et FCPR), la collecte dépasse 200 millions d'euros".
Selon Thibault Douard, analyste crédit de Tikehau IM : "La crise de la dette souveraine européenne continue toutefois de peser sur l'évolution des spreads des obligations mais une fenêtre de tir s'est ouverte. Suivant les nouvelles concernant la zone euro, elle pourrait toutefois se refermer. La volatilité sera une caractéristique de 2012. Le responsable de la recherche crédit de Tikehau IM Rodolfo Caceres, indique que : "L'objectif est de réduire leur dépendance vis-à-vis des banques qui se montrent plus réticentes à accorder des lignes de crédit. Le coût d'émission sur le marché américain, beaucoup plus liquide, moins tendu, est moins élevé que sur celui de la zone euro. Le rendement y est plus faible. Thibault Douard remarque que : "Il y a eu d'avantage d'émissions au cours des deux premières semaines de janvier qu'au cours du second semestre 2011".
Selon Rodolfo Caceres chez Tikehau IM : " les émetteurs cherchent ainsi à diversifier leur source de financement en profitant d'un marché américain plus profond, et qui offre un coût de financement moins cher qu'en Europe". Le gérant de Tikehau IM Jean-Marc Delfieux, poursuit par : "Ce qui importe, c'est que l'émetteur ait un angle américain pour séduire les investisseurs outre-Atlantique. Deux signatures "LBO" (avec effet de levier) devraient aussi faire appel au marché du dollar : le belge Taminco et le polonais Polkomtel".
Selon Jean-Marc Delfieux, gérant au sein de la société de gestion Tikehau IM : "Il y a un réservoir d'épargne à aller chercher. Je suis persuadé qu'il y a des réflexions, chez les entreprises mais aussi au niveau de l'Etat français".
